موقع المفوضية الأوروبية ينشر كلمة السيد فرانس تيمرمان التي ألقاها في حفل الإفطار الذي نظمه المجلس

16 يونيو 2017
 
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Discours du FVP Timmermans, 2 juin 2017

 Iftar, Conseil Européen des Ouléma Marocains

Monsieur l'Ambassadeur, chers amis, je dois commencer par un aveu : je ne parle pas la langue. Donc désolé, au niveau des langues, ça n'est pas parfait ! Je suis très conscient que maintenant je suis le seul obstacle entre vous et vos amis à la table et une soirée conviviale puisque maintenant vous devez m'écouter, mais je vous promets que ça ne sera pas long.

J'ai, en fait, deux petits messages à partager avec vous. Le premier est celui que je veux vous adresser en tant que concitoyen européen: vous faites partie de notre communauté européenne. C'est un peu bizarre qu'il faille le dire, mais apparemment on a besoin de se dire entre nous que nous faisons partie d'une même communauté. En Europe on a compris que nous sommes une terre de diversité. Certes, il y a des mouvements politiques qui rejettent cette diversité, qui pensent qu'on peut s'en débarrasser, ce qui est infaisable et dangereux.

Malheureusement, même si on a compris que nous sommes une terre de diversité, nous n'avons toujours pas compris comment organiser, sur cette terre de diversité, l'inclusion de tout le monde. On a même tendance à se renfermer dans nos communautés au lieu de rechercher le dialogue avec l'autre et bâtir des ponts avec l'autre. Je crois qu'on a tous le devoir civique de bâtir des ponts. Une société où l'on ne bâtit pas de ponts est une société qui souffre et qui peut créer des situations de confrontations entre communautés. C'est ce que nous voyons aujourd'hui. On culpabilise l'Islam pour des raisons de ce type, très souvent parce qu'on ne connaît pas l'Islam, qu'on n'est pas en contact avec l'Islam, qu'on ne sait pas ce que ça veut dire. Notre continent a parfois oublié aussi ce qu'être religieux veut dire ; pour beaucoup de gens c'est très loin de leur vie personnelle quotidienne. Pour mes grands-parents être religieux c'était la même chose que manger ou boire de l'eau, alors que pour ma génération, pour la génération de mes enfants, la religion c'est un choix. On le fait ou on ne le fait pas, on met son manteau aujourd'hui on l'enlève demain... Et donc, dans deux générations, cette situation – pour ma communauté catholique – a changé fondamentalement. Et on a parfois du mal à comprendre que pour d'autres religions, la foi a le même rôle que pour mes grands-parents : non seulement un manteau qu'on met, mais un élément essentiel de leur identité et de leur position dans la société. Il y a un manque de compréhension de cette situation. Il y a un manque de dialogue entre musulmans, chrétiens, juifs, athées, humanistes… Il faut trouver des lieux de rencontre. Voilà mon premier message.

Le deuxième : qui d'entre vous est papa ou maman ? Levez la main s'il vous plaît. […] Moi aussi. J'ai quatre enfants : deux fils, deux filles. Et je vous parle maintenant en tant que père à d'autres pères, à des mères. Qu'est-ce qu'il s'est passé avec nos enfants, pour que cette petite minorité d'entre eux trouve une justification à tuer leurs voisins, leurs copains d'école ? Que s'est-il passé ? Que s'est-il passé pour que certains de nos enfants qui ont grandi dans une situation de diversité, rejettent maintenant cette diversité et voient l'autre comme un danger mortel pour leur survie ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Où est-ce qu'on a échoué, nous, parents ? Quelle est notre responsabilité ? Je ne vous montre pas du doigt, je nous montre du doigt. C'est une petite minorité, qui parfois nous donne l'impression qu'elle est presque une majorité. Mais notre devoir en tant que parents, en tant que citoyens, c'est de mobiliser la très grande majorité de nos jeunes qui rejette la violence, qui rejette le fondamentalisme, qui rejette l'exclusion, qui rejette la pensée de l'extrême droite dans la société européenne.

Nous avons l'amour dans le cœur. Ce qui s'oppose à l'amour ça n'est pas la haine : haïr c'est moins dangereux que d'être indifférent. L'opposé de l'amour, c'est l'indifférence. Je fais appel à tous les citoyens européens de toutes origines. Tous les citoyens européens doivent enlever ce manteau d'indifférence et s'ils le font on verra que notre société est extrêmement forte. Elle sait vaincre des extrémismes. Elle l'a déjà fait. Mais nous avons la responsabilité, connaissant  notre histoire européenne, de ne pas répéter ce qu'on a fait il y a 70 ans, ce qu'on a fait il y a 80 ans. A cette époque aussi l'Europe était face au même défi. Le radicalisme, le fondamentalisme, le terrorisme se servent parfois d'une religion, parfois d'une idéologie (le nazisme, le communisme, le fascisme…). On a besoin d'un -isme, mais n'importe quel -isme. Les terroristes, pour beaucoup d'entre eux, sont nos terroristes, des concitoyens européens. Ce sont des criminels – certains étaient d'abord parfois de petits voyous. Ils croient se créer une justification en volant notre religion, la vôtre, la mienne, et d'autres. Soyons clairs : les criminels doivent être punis, les voyous doivent être corrigés. Ce faisant, on sert nos enfants et nos petits-enfants. Ce faisant, nous aidons à créer une société européenne qui ne soit pas seulement diverse mais aussi inclusive.

Voilà mon message, Ramadan Kareem !

 

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